"Orienter les flux financiers vers les besoins humains"

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Ségolène Royal interviewée sur Europe 1
envoyé par segolene-royal

La retranscription :

Ségolène Royal était l'invitée de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.


MARC-OLIVIER FOGIEL : L’événement politique est sur EUROPE 1 ce matin. Jean-Pierre ELKABBACH, vous recevez Ségolène ROYAL.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : C'est bien que vous soyez là avec nous en direct. Ségolène ROYAL, bonjour.

SEGOLENE ROYAL : Bonjour.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Merci. Face à cette crise sans précédent, si vous étiez aujourd'hui à l’Elysée, quelles seraient les deux ou trois principales et grandes décisions, d’un plan Royal ?

SEGOLENE ROYAL : Premièrement, je prendrais une mesure d’urgence, qui consisterait à stopper les délocalisations et les licenciements des entreprises qui font des bénéfices et qui profitent de la crise et je le ferais comment, en faisant voter une loi qui obligerait ces entreprises à rembourser toutes les aides publiques, directes et indirectes, si elles délocalisent ou si elles licencient, si elles font des bénéfices et par exemple, ARCELOR MITTAL serait resté en France, si ce dispositif existait.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Bon, alors, cela veut dire que les entreprises en difficultés, sans bénéfice, peuvent délocaliser et licencier.

SEGOLENE ROYAL : Non, ça veut dire que celles-là on les aide, parce qu’il s’agit essentiellement de petites et moyennes entreprises, celles-là on les aiderait en créant tout de suite une banque publique d’aide économique, qui aide…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : La caisse des dépôts.

SEGOLENE ROYAL : Ce n’est pas la caisse des dépôts, puisque ça, c’est trop lent, moi, ce que je demande depuis longtemps, c'est la création d’une banque publique, d’aide, pour encourager et financer l’innovation dans les PME qui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : C'est-à-dire un fonds stratégique souverain, qui aiderait tout de suite, avec comme noyau, peut-être la caisse des dépôts.

SEGOLENE ROYAL : Oui, qui pourrait être adossé à la caisse des dépôts.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ça, ce serait la deuxième mesure.

SEGOLENE ROYAL : La deuxième mesure.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : La troisième.

SEGOLENE ROYAL : La troisième c’est de redonner du pouvoir d’achat. On sait que la croissance économique doit s’appuyer sur la relance de la consommation, comment redonner du pouvoir d’achat. Premièrement, en baissant immédiatement le prix de l’énergie, puisque le prix du Brut a été diminué par deux, il n’y a pas eu les répercussions à la pompe, et c’est scandaleux, et deuxièmement, en supprimant les niches fiscales, 75 milliards de niches fiscales, vous n’en supprimez ne serait-ce que 20 et vous pouvez donner immédiatement 1 000 € à 20 millions de foyers en France.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais, comment un plan Royal relancerait-il aujourd'hui l’économie ?

SEGOLENE ROYAL : Mais, par ce que je viens de vous dire, c'est-à-dire que je redonnerais du pouvoir d’achat…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Vous croyez que ça suffirait, à l’échelle de la crise, qui touche la planète toute entière ?

SEGOLENE ROYAL : Non, ça ne suffirait pas, mais je pense que ces mesures d’urgence font écho à un nouveau modèle de société. Quel est ce nouveau modèle de société ? C'est d’orienter les flux financiers vers les besoins humains, parce que je pense qu’il y a un levier considérable de croissance dans la satisfaction des besoins humains, que ce soit dans le domaine de l’écologie, de la santé, de l’éducation, des transports, des déplacements, de l’énergie propre, et donc s’il y avait autant d’énergie, Jean-Pierre ELKABBACH, mise dans les grands travaux qui permettent de satisfaire les besoins humains, que ce soit dans les pays riches ou dans les pays pauvres, qu’il n’y en a été mis pour sauver le système financier, autant d’énergie politique, autant d’énergie…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Vous voulez dire à l’échelle mondiale.

SEGOLENE ROYAL : Autant d’énergie financière que ce qui vient d’être fait pour la finance et pour la banque, sans d’ailleurs obtenir de contrepartie sur la réforme de la gouvernance des banques, ce qu’il faut faire. S’il y avait donc autant d’énergie pour relancer l’économie et la croissance dans ces domaines qui sont immenses en termes de besoins humains, nous changerions de modèle de société à l’échelle planétaire.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Dans toute l’Europe, le chômage est en train d’augmenter. Tous les dirigeants, qu’ils soient conservateurs ou sociaux-démocrates, cherchent des alliances et des solutions. Aujourd'hui, est-ce qu’il faut un plan d’action sociale commun à toute l’Europe, si c’était possible ?

SEGOLENE ROYAL : Ce qu’il faut, c’est un plan de croissance commun à toute l’Europe, et de croissance durable, et cela c’est trop lent. Un seul exemple : pourquoi est-ce que la filière automobile est en difficultés en Europe ? C’est tout à fait anormal, alors qu’il y a le défi du réchauffement planétaire, c'est-à-dire la mise au point du véhicule du futur, des déplacements collectifs, du ferroutage.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais, vous avez des moyens de convaincre par exemple, madame MERKEL…

SEGOLENE ROYAL : Mais oui !

JEAN-PIERRE ELKABBACH :… de participer à un plan d’action européenne dont elle ne veut pas entendre parler ?

SEGOLENE ROYAL : Mais moi j’aurais les moyens de convaincre madame MERKEL.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Comment ? Qu’est-ce que vous lui diriez ?

SEGOLENE ROYAL : Pourquoi, d’ailleurs ? Parce qu’il y aurait eu un lien de confiance, il n’y aurait pas eu ce passif et cette condescendance qu’a eu Nicolas SARKOZY avec madame MERKEL, ce qui fait que l’alliance franco-allemande s’est beaucoup affaiblie. Ce que je propose, c’est la constitution d’un gouvernement de développement économique franco-allemand, qui permettrait justement de dégager une énergie industrielle dans tous ces domaines, sur lesquels nous avons une capacité à nous défendre.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ce gouvernement économique franco-allemand, serait l’amorce d’un gouvernement économique de l’Europe.

SEGOLENE ROYAL : Oui, parce que les autres pays européens attendent…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ce que veut Nicolas SARKOZY, aussi.

SEGOLENE ROYAL : Oui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Aussi.

SEGOLENE ROYAL : Beaucoup dans les paroles, mais pas beaucoup dans les actes.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais, parce qu’il y a la réalité qui existe.

SEGOLENE ROYAL : Non.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ils ne sont pas tous d’accord, même quand BROWN est à Paris, il veut mais il ne peut pas aller aussi loin que certains le souhaiteraient. Est-ce qu’il faut interdire…

SEGOLENE ROYAL : Et pourquoi… Attendez, mais pourquoi ont-ils réussi à débloquer des milliards d’euros pour sauver les banques, le système financier ? Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas la même énergie européenne pour lancer justement les grands projets européens de développement économique et de croissance ?

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais, ils en ont le projet, mais apparemment c’est difficile à monter. Mais, il y a tellement de choses à vous demander. Dimanche vous avez par exemple demandé que l’Etat entre dans les conseils d’administration et dans la gouvernance des banques qu’il aide, vous le répétez, là, mais Messieurs FILLON et SARKOZY ont répété à votre intention qu’ils décideront, si c'est nécessaire, comme ils l’ont fait pour DEXIA, parce que jusqu’ici, l’Etat couvre et garantit le prêt des banques, mais il ne participe pas au capital. Est-ce que ça vous rassure, ça ?

SEGOLENE ROYAL : Mais c’est scandaleux ! C’est scandaleux que l’argent des contribuables ne soit pas en contrepartie accompagné d’une obligation pour les banques de changer leur comportement. Pourquoi aujourd'hui…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais on n’entre pas dans le gouvernement de la banque.

SEGOLENE ROYAL : Mais si ! Mais il faut y entrer ! Les autres pays l’ont fait, Gordon BROWN l’a fait, même aux Etats-Unis ils ont nationalisé les banques, c'est-à-dire les systèmes les plus libéraux. L’Etat, en contrepartie de l’argent qu’il met au nom du peuple, entre dans le conseil d’administration des banques. Pourquoi ? Parce que si l’Etat n’y est pas, il ne peut pas contrôler le système. Pourquoi est-ce que l’Etat, en France, ne décide pas aujourd'hui cette nationalisation partielle des banques ? Par pure idéologie et par connivence de classe, monsieur ELKABBACH, par connivence de classe.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Oui. Vous ne dites pas « partielle », est-ce que vous ajoutez « provisoire » ?

SEGOLENE ROYAL : Non, je pense qu’une fois que l’Etat est au capital des banques, il doit y rester, sinon ça va recommencer. Ils vont récidiver…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais alors…

SEGOLENE ROYAL : Un seul mot. Aujourd'hui, les prêts interbancaires n’ont pas repris, et le besoin de fonds de roulement des PME n’est toujours pas garanti et satisfait par les banques, c'est nos…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ça commence à fonctionner.

SEGOLENE ROYAL : … ce sont les collectivités territoriales.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais vous avez une autre méthode plus rapide et plus efficace pour réactiver l’économie française ?

SEGOLENE ROYAL : Mais je viens…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Eh bien parce que vous dites que les banques ne fonctionnent pas assez vite, elles fonctionnent, et d’autre part, les banques aident les entreprises. La contrepartie c’est qu’elles aident les entreprises à recréer des emplois ou à permettre à des entreprises en difficultés, de fonctionner.

SEGOLENE ROYAL : Mais non, ce n’est toujours pas fait. Je vous le dis. Le crédit interbancaire est… interrogez les chefs d’entreprise, de PME…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : C’est ce qu’on fait tous les jours.

SEGOLENE ROYAL : Eh bien, le crédit interbancaire est encore bloqué. Le déblocage de fonds pour les entreprises qui innovent n'est toujours pas fait aussi rapidement. Les crédits revolving des PME, qui leur permettent de garder leur fonds de roulement, n’est toujours pas repris par les banques. Donc, ce n'est pas vrai, à partir du moment où l’Etat n'est pas au Conseil d’administration, il n’obtient rien des banques.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Est-ce…

SEGOLENE ROYAL : Et donc il y a un gouffre entre les annonces et les actes. La réforme du financement des banquiers n’est toujours pas mise en place, les traders sont toujours payés en fonction des spéculations qu’ils font, donc la spéculation continue.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Est-ce qu’il faut interdire les plans sociaux et sanctionner ceux qui les déclenchent ?

SEGOLENE ROYAL : Non, il faut mettre en place la Sécurité sociale professionnelle.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : C’est ce qu’il a dit, hier, dans son discours, à Rethel, et il a ajouté, tiens, c’est intéressant que vous me disiez ce que vous en pensez, il a demandé aux chefs d’entreprise, je le cite, de ne pas profiter de la crise pour justifier des réductions d’effectifs, pas de stratégie cynique et opportuniste et il promet que le gouvernement sera intraitable. Là aussi vous dites « c’est des mots » ?

SEGOLENE ROYAL : Aujourd'hui, les licenciements qui relèvent des plans sociaux ne sont, ne comptent que pour 3 % de la totalité des licenciements, donc il faut interdire les plans sociaux, comme je l’ai dit, dans les entreprises qui font des profits et exiger le remboursement des aides publiques, ça les calmera, et sur les entreprises qui sont en difficultés, il faut que lorsqu’elles ont un plan social à mettre en place, elles puissent bénéficier, mais d’une vraie Sécurité sociale professionnelle, qui n'est pas ce qu’a annoncé Nicolas SARKOZY, parce que son dispositif est extrêmement limité. Moi, ce que je demande, comme d’ailleurs je l’ai expérimenté dans la région que je préside et c'est le système généralisé dans les pays du Nord de l’Europe, c’est que pour aider une entreprise, c'est du gagnant/gagnant, c'est-à-dire on aide une entreprise à se remettre d’aplomb et à conquérir de nouveaux marchés, à mettre au point de nouveaux produits, et pendant ce temps-là, les salariés, au lieu d’être licenciés, continuent à percevoir leur salaire, une formation professionnelle qui leur permet d’être bien adaptée, soit aux besoins de l’entreprise…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Ça s’appelle les Contrats de transition professionnelle.

SEGOLENE ROYAL : Non, ces Contrats de transition professionnelle, c’est un bout de la Sécurité sociale professionnelle, ce n’est pas la totalité.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : On ne reste pas là-dessus, parce qu’on ne va pas faire toute la discussion, mais depuis sa victoire, ou votre défaite, il y a un an et demi, est-ce que vous lui accordez au moins une, une seule initiative positive ou une décision efficace ?

SEGOLENE ROYAL : Sur la Sécurité routière, peut-être. Sur… Je ne vois pas. Je ne vois pas, parce que je vais vous dire…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Par exemple, le sommet obtenu, par exemple, le 15, le jour important du Parti socialiste, ça, au passage, c’est une coïncidence, le Sommet des 20 à Washington, ce n’est pas important ?

SEGOLENE ROYAL : Mais, ce qui est important, c'est ce qui en découle, c'est la moindre des choses. Mais…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais, au moins que ça ait lieu pour qu’il y ait quelque chose qui en découle.

SEGOLENE ROYAL : La France est présidente de l’Union européenne, la moindre des choses c’est qu’il y ait des réunions. Le problème c’est ce qu’il en sort. Or, aujourd'hui, qu’est-ce que l’on observe ? Que c’est un pansement sur une jambe de bois, là, ce qui vient de sortir. Donc, il faut vraiment mettre en place un dispositif qui change le système en profondeur. Je vais vous dire, monsieur ELKABBACH, quand même, le principal problème, qu’est-ce qu’ils voient les Français ? Ils voient qu’il y a des flux d’argent qui tout d’un coup sortent des caisses et ils voient que d’un autre côté, ceux qui sont les coupables de la crise reçoivent ces flux d’argent, sans que l’on exige en contrepartie une modification de leur comportement et ceux qui subissent la crise, eux, n’ont que leurs yeux pour pleurer, donc ça, ce n’est pas possible, donc c’est une autre répartition de la richesse.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Un mot. La tension est en train de monter, c'est normal, à quelques jours du vote des militants au PS. C’est classique. Pour être clair, si vous l’emportez ou si vous ne l’emportez pas à Reims, est-ce que vous resterez en route pour 2012 ?

SEGOLENE ROYAL : Mais, je ne veux pas parler de ça maintenant. Regardez l’écart entre cette préoccupation-là et ce que vivent aujourd'hui les gens. Je ne veux pas parler de ça aujourd'hui. Vous savez, moi, j’attends très sereinement le vote des militants, avec une offre politique, qui a d’ailleurs anticipé la crise, puisqu’il y a un an, un an et demi, même dans mon projet présidentiel, il y avait déjà toutes ces propositions qui sont faites entre la Sécurité sociale professionnelle, le contrôle des banques, la création d’une banque publique d’aide aux PME…

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Tout ce que vous avez dit dès le début de l’émission.

SEGOLENE ROYAL : Mais bien sûr, et je l’offre à l’actuel gouvernement, sans droit d’auteur, vous voyez, parce que je pense que la France a besoin qu’on aille dans la bonne direction.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Merci Ségolène ROYAL, et revenez quand vous voulez sur EUROPE 1.

SEGOLENE ROYAL : Merci beaucoup.

MARC-OLIVIER FOGIEL : A mon avis, vous allez revenir dans instant, madame ROYAL, avec Nicolas CANTELOUP. Vous aimez ?

SEGOLENE ROYAL : Ah, ça dépend !

MARC-OLIVIER FOGIEL : Eh bien vous entendrez ça.

SEGOLENE ROYAL : J’ai le sens de l’humour, moi ! Je ne porte pas plainte contre ma poupée vaudou !

MARC-OLIVIER FOGIEL : Merci madame ROYAL.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais contre toute attaque à la vie privée. Ça, oui.

SEGOLENE ROYAL : Ça, oui, quand il y a… oui, bien sûr.

MARC-OLIVIER FOGIEL : Ce n’est pas le genre de Nicolas CANTELOUP.

SEGOLENE ROYAL : Quand il y a des photos volées, oui, mais quand il y a des caricatures drôles, non, parce que sinon... où ça s’arrête alors. Si Nicolas SARKOZY porte plainte contre une poupée qui le caricature, bientôt il portera plainte contre le CANARD ENCHAINE, contre MARIANNE, contre « Les Guignols de l’info », c'est quand même très dangereux ! C’est très dangereux.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Mais vous verrez, si un jour vous arrivez à l’Elysée, vous en ferez autant.

SEGOLENE ROYAL : Non, absolument pas.

JEAN-PIERRE ELKABBACH : Allez…

SEGOLENE ROYAL : Je garderai mon sens de l’humour.

MARC-OLIVIER FOGIEL : Alors, gardez le sens de l’humour avec nous. Avec Nicolas CANTELOUP, c’est dans un instant. A suivre, vos commentaires sur l’actualité. Merci madame ROYAL d’être venue sur EUROPE 1 ce matin.

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