La crise grecque, par Ségolène Royal et Jean-Louis Bianco

Publié le par Désirs d'Avenir Rueil

1. La crise grecque aurait-elle pu être évitée ?

Oui, à deux conditions

1° Une réforme du capitalisme financier qui sépare clairement les activités de prêt aux particuliers et aux entreprises des activités de placement spéculatif. Barack Obama l’a évoqué. Ségolène Royal l’avait préconisé dans son discours d'Athènes. En pratique, en dépit des proclamations de Nicolas Sarkozy, rien n’a été fait.

2° Un engagement de solidarité beaucoup plus net et plus rapide de la part des pays européens. Les hésitations allemandes n’ont rien arrangé.

 

2. Que peuvent faire les Grecs ?

Il faut se rappeler que Georges Papandreou hérite d’une situation catastrophique léguée par la droite. Pour en sortir, il a déjà demandé aux Grecs d’énormes sacrifices. Son plan a été approuvé par la Commission européenne et par le FMI. Faut-il faire payer encore plus à la population les fautes des banques et du précédent gouvernement ?

 

3. Y a t-il un risque de contagion ?

Oui, bien que la Grèce ne représente que 3 % du PIB de l’Europe. La note attribuée à la Grèce par l’agence Standard & Poor ’s, qui évalue pour les créanciers les risques qu’ils prennent en prêtant de l’argent, a été abaissée hier de trois crans. Immédiatement les taux d’intérêt pour les prêts à la Grèce ont flambé, alourdissant d’autant la charge pour ses finances publiques. Même chose pour le Portugal, dont la note a été abaissée de deux crans. Conséquence : chute des bourses européennes.

La spéculation s’attaque maintenant au Portugal, peut être à l’Espagne et à l’Irlande. L’Union européenne a prévu un sommet de crise pour le 10 mai. C’est trop tard ! Pourquoi le 10 mai ? Parce que c’est le lendemain du 9 mai, date des élections en Rhénanie-Westphalie, élections qui inquiètent beaucoup Angela Merkel, confrontée à la réaction égoïste d’une majorité d’allemands.

 

4. Que faire ?

Agir vite. On ne peut pas attendre le 10 mai. Faire prévaloir la solidarité sur les égoïsmes nationaux. Il n’est pas normal que les États européens prêtent à la Grèce, semble-t-il à un taux supérieur à celui de l’argent qu’ils empruntent. L’Europe peut mourir des égoïsmes et du repli sur soi, si tentants en période de crise.

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