Projet de commission d’enquête parlementaire sur l’affaire des sondages

Publié le par Désirs d'Avenir Rueil

Delphine Batho : « C'est la première fois qu'apparaissent des éléments matériels du "système Sarkozy" »


Le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a déposé, jeudi 23 juillet, une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur « les études commandées et financées par la présidence de la République ». Députée des Deux-Sèvres, proche de
Ségolène Royal, Delphine Batho est à l'origine de cette initiative.


Que pourra apporter une commission d'enquête dans une telle affaire ?

C'est, par excellence, l'outil qui est à la disposition de l'opposition pour faire la lumière sur les faits révélés par la Cour des comptes. Sont en jeu les conditions d'utilisation de l'argent public et, surtout, un système de connivence mis en place par l'Elysée. Tout laisse à penser que la présidence de la République ne se contente pas de commander des études, mais le fait pour organiser leur publication. L'institut OpinionWay et le cabinet d'études de Patrick Buisson sont au coeur de cette stratégie de communication.


Quel est son degré d'efficacité ?

C'est pour répondre à cette question qu'il faut connaître la liste exacte et l'objet des études payées par la présidence de la République et publiées dans la presse. Les résultats d'un sondage, repris sur toutes les ondes, donnent une tonalité sur le caractère convaincant d'une prestation du président de la République ou d'une réforme. Savoir si les gens sont dupes est un autre débat.


Ce "système" a souvent été dénoncé. Qu'est-ce qui pourrait changer la donne ?

Le rapport de la Cour des comptes confirme en effet ce que Ségolène Royal et François Bayrou avaient pressenti et dénoncé. Mais c'est la première fois qu'apparaissent des éléments matériels et financiers du "système Sarkozy". On a ici la preuve qu'il y a eu une volonté d'institutionnaliser, de façon permanente, un montage financier liant l'Elysée, un cabinet d'études, un institut de sondage et des médias devenus partenaires de la présidence de la République.


Que vous inspirent les réactions des différents acteurs dans cette affaire ?

Les réactions de l'Elysée, d'OpinionWay et de la direction du Figaro sont contradictoires. Depuis une semaine, on n'a toujours pas obtenu de réponse coordonnée et concordante. Dans ma question au gouvernement (du 21 juillet), j'avais évoqué deux hypothèses : soit un système de connivence pour influencer le débat public, soit un système de fausses factures. On dirait bien qu'il s'agit des deux.


Qui porte, selon vous, la principale responsabilité du système que vous dénoncez ?

L'Elysée a une responsabilité éminente. Après, chacun doit assumer les siennes : les instituts de sondage, ainsi que les médias.


L'opinion est-elle sensible à cette thématique ?

Ce n'est pas le problème. La question n'est pas de savoir si cette bataille est populaire ou non. C'est une bataille nécessaire, sur une question de principe démocratique essentiel.


Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon

Source : Le Monde

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